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La dette décryptée

La dette décryptée

C’est pas la petite bête qui va manger la grosse, certes. Mais la grosse dette ? Est-ce que la grosse dette pourrait mettre à mal notre belle petite économie française ???

Voilà une intro (très) légère pour aborder un sujet qui l’est beaucoup moins : la dette. Car oui, elle pèse de plus en plus lourd. D’où vient-elle ? Et peut-elle vraiment mener notre économie vers une crise sans précédent ? On a essayé de tout récapituler dans cette Spoune qu’on pourrait sobrement appeler… le pense-dette.

Dream Team pour la planète

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En savoir plus

Ah tu tombes bien Spoune, j’avais justement une question dette !

Il n’y a pas de question bête, bien sûr. Mais des “questions dette”, ça, oui, il y en a plein.

Commençons par la base. Pour mesurer la dette d’un pays, on parle en général de pourcentage de PIB. Si on prend l’exemple de la France, ça donne ça :

  • PIB = 3 000 milliards d’euros
  • Dette = 3 500 milliards d’euros
  • Dette FR = 3500/3000 = 116 %

116 %, est-ce que c’est beaucoup ? Pas tant. Voilà par exemple le tableau des pays les plus endettés :

  1. Japon : 207 %
  2. Grèce : 146 %
  3. Italie : 137 %
  4. USA : 124 %

En 5e position, on a la France avec 116 %. Mais alors, pourquoi notre situation serait-elle plus grave que les autres ?

Pour ça, il faut rentrer un peu dans le dette-ail.

Ah, le dette-ail ! Toujours au top des jeux de mots, Spoune.

Hum, merci. Si vous nous lisez depuis longtemps, vous savez qu’il y a une règle qui nous tient particulièrement à cœur :

“Ne vous endettez que pour des biens dont la valeur va augmenter avec le temps.”

En gros, l’endettement doit toujours financer de l’investissement - mais jamais de la dépense. Tout simplement parce que seule la rentabilité d’un investissement peut compenser le coût du taux d’intérêt…

Bref ! Avoir recours à un prêt conso une fois, passe encore. Mais quand ils deviennent systématiques, rien ne va plus. Et pourtant, c’est exactement comme ça que fonctionnent certains États – dont la France. En vivant au-dessus de ses moyens, l’État français doit tous les ans emprunter de l’argent pour équilibrer son budget.

Pendant longtemps, ce n’était pas un problème. La France empruntait à des taux très faibles – ce qui ne lui coûtait presque rien. Mais désormais, les taux sont de plus en plus élevés : entre 2020 et septembre 2026, ils sont passés de 0 % à 4,9 %.

Concrètement ? Emprunter coûte un bras. Chaque année, rembourser les intérêts de nos emprunts coûte de plus en plus cher. C’est ce qu’on appelle “la charge de la dette”, et d’après les dernières estimations, ça ne va pas s’arrêter :

  • 35,8 milliards d’euros en 2020,
  • 50,9 Mds€ en 2025
  • 59 Mds€ en 2026
  • 77 Mds€ en 2028.

À 77 milliards d’euros, la charge de la dette représenterait 9 % des dépenses de la France. Ça veut dire que, pour 1000 € de budget, 90 € servent uniquement à payer les intérêts des emprunts passés. Ce qui a deux conséquences :

  1. plus la France emprunte aujourd’hui, plus elle ruine son avenir.
  2. plus la France emprunte, et moins les investisseurs ont confiance dans sa capacité à rembourser, et plus ils augmentent les taux…

Et s’amorce alors ce que plusieurs analystes ont décrit comme une boule de neige de l’endettement…

Mais Spoune, alors, la dette, c’est la mort à crédit ?

Tout le monde est d’accord, il faut réduire la dette. Sauf que pour savoir comment s’y prendre, c’est un peu comme la compo’ de l’équipe de France. Tout le monde a sa petite idée. Mais tout le monde n’est pas Zizou…

Quand on est endetté, il y a trois manières de s’en sortir :

  • A - réduire ses dépenses
  • B - augmenter ses recettes
  • C - vendre les bijoux de famille

Option C – c’est celle que l’État français a privilégiée en privatisant les autoroutes en 2006. D’un seul coup, l’État transférait 20 milliards de dettes au privé. Nice move ? Bof. Il perdait en même temps une manne super rentable…

Option B – augmenter ses recettes ? Pour réduire la dette, 84 % des Français souhaitent davantage taxer les super-profits des entreprises (ça tombe bien, elles en font plein), et 80 % les revenus les plus aisés.

Option A – Au-delà de ces hausses d’impôts ciblées, pour réduire la dette, on peut diminuer les dépenses de l’État – aka l’option A. Selon cette étude, les Français cibleraient dans l’ordre :

  1. Aide aux familles
  2. Aides aux entreprises
  3. Chômage

Sauf que quand on regarde les ordres de grandeur, ça donne ça :

  • 26 % retraites
  • 20 % sécu
  • 8,9 % éducation*
  • 6 % administration publique
  • 5 % aide aux entreprises
  • 4 % aide aux familles
  • 3,6 % transports
  • 3,5 % charge de la dette
  • 2,9 % chômage

*Note : 8,9 % pour l’éducation, c’est beaucoup ? Mais alors, de quoi ils se plaignent, ces lycéens ?? En réalité, ce chiffre est gonflé par une bonne partie des retraites des enseignants. Ce qui ne va pas aider à rénover les lycées !

Aide aux entreprises, aux familles et chômage ne représentent que 12 % des dépenses de l’État. Contre 46 % pour les retraites et la sécu…

Quand on parle de réduire la dette, le problème n’est ni le nombre de fonctionnaires, ni le chômage ou l’immigration. Le vrai problème, ce sont nos retraites et un système rendu intenable par l’allongement de l’espérance de vie et la diminution du nombre d’actifs. Sans réforme profonde, la dette continuera à augmenter et il n’y aura qu’une seule solution : “travailler plus pour payer plus et gagner moins”. Pas très vendeur, comme programme électoral…

Conclusion

La petite dette qui monte n’en est plus vraiment une. C’est devenu une grosse bête, du genre de celle qu’on ne peut vraiment plus mettre sous le tapis – encore plus avec le vieillissement de la population et la diminution du nombre d’actifs censés financer la retraite de leurs aînés. Bref, voilà un problème ultra-complexe pour lequel il n’existe malheureusement pas de solution toute bête… mais bien un gros risque de finir dans les choux.

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